convention-cosgeek.fr est un site éditorial indépendant. Il n'a aucun lien avec l'événement « Cosgeek » ni avec ses organisateurs.
Finance

Combien gagne Squeezie ? Des millions générés, mais pas un salaire personnel

Éloïse Delaunay-Clerval 7 min de lecture
Combien gagne Squeezie : revenus YouTube, chiffres et factures

Publié par : — Rédactrice spécialisée en finance

Lucas Hauchard, connu sous le nom de Squeezie, ne perçoit pas un simple « salaire de youtubeur ». Ses revenus viennent de plusieurs activités : publicité YouTube, Twitch, opérations sponsorisées, événements, produits dérivés et sociétés. Les estimations situent ses revenus bruts annuels entre 3,4 et 5,5 millions d’euros. Ce montant ne correspond ni à son revenu net personnel ni à sa fortune.

Le montant à retenir : des millions d’euros, mais pas un salaire fixe

Pour répondre directement à la question combien gagne Squeezie, il faut distinguer les sommes générées par son écosystème économique de ce qu’il perçoit personnellement. Une estimation évalue ses revenus bruts annuels entre 3,4 et 5,5 millions d’euros. Sur douze mois, cela représente environ 283 000 à 458 000 euros bruts par mois. Ces montants peuvent toutefois varier fortement selon les vidéos publiées, les contrats signés avec les marques et les événements organisés.

Cette fourchette reste indicative. Squeezie ne publie pas le détail de ses rémunérations, de ses dividendes, de ses charges ou de ses impôts. Une vidéo très performante, une campagne sponsorisée ou une édition du GP Explorer peut modifier les résultats d’une période à l’autre. Les coûts de production peuvent aussi être élevés : la vidéo Stop the Train, par exemple, aurait nécessité un budget de 700 000 euros.

Indicateur Estimation évoquée Ce que cela mesure réellement
Revenus bruts annuels 3,4 à 5,5 millions d’euros Flux de revenus estimés avant charges et fiscalité
Revenus YouTube annuels 2 à 3 millions d’euros Publicité et monétisation de l’audience vidéo, selon les estimations
Fortune estimée 18 à 25 millions d’euros Valeur présumée des actifs, liquidités et participations
Chiffre d’affaires de Bump en 2023 Plus de 30 millions d’euros Recettes de l’entreprise, pas le revenu personnel de Squeezie

YouTube reste le moteur récurrent de ses revenus

Avec près de 20 millions d’abonnés et 11,3 milliards de vues sur sa chaîne principale, Squeezie dispose d’une audience qui transforme chaque publication en actif publicitaire. YouTube rémunère notamment les créateurs via AdSense. Les annonces affichées avant, pendant ou autour des vidéos génèrent des revenus variables selon l’audience, la période, le pays des spectateurs et les annonceurs présents.

Le RPM explique pourquoi les vues ne suffisent pas à calculer un revenu

Le RPM, ou revenu pour mille vues, est plus utile que le seul nombre de vues. Un RPM moyen de 1,08 euro est évoqué, soit environ 1 080 euros par million de vues. À ce niveau, une vidéo dépassant 4 millions de vues représenterait environ 4 000 euros de revenus publicitaires. Ce calcul donne seulement un ordre de grandeur : le RPM réel varie selon le format, la durée de visionnage et la valeur publicitaire de l’audience.

Pour la chaîne principale, les estimations mensuelles oscillent entre 33 000 et 54 000 euros. En ajoutant les chaînes associées et les rediffusions, la fourchette atteint 70 000 à 110 000 euros par mois. Ces montants ne doivent pas être additionnés automatiquement aux estimations annuelles, car leurs périmètres peuvent se recouper.

La vidéo qui génère le plus de visibilité n’est donc pas forcément celle qui produit le meilleur rendement. Une publication regardée sur une longue période peut continuer à rapporter après sa mise en ligne, alors que les coûts de tournage ont déjà été engagés. Ce revenu différé repose sur le catalogue de vidéos et apporte une certaine régularité à une activité qui reste soumise aux variations d’audience.

Les marques, Twitch et les événements font changer d’échelle

La publicité YouTube ne résume pas les revenus de Squeezie. Son audience permet de négocier des vidéos sponsorisées, des placements de produits et des partenariats intégrés à des formats éditoriaux ambitieux. Les placements de produits représenteraient entre 25 et 35 % du chiffre d’affaires selon une estimation, avec des campagnes pouvant dépasser 70 000 euros.

Une vidéo sponsorisée vaut davantage qu’une vue publicitaire classique

Pour les vidéos sponsorisées, la valorisation évoquée atteint 20 à 30 euros pour 1 000 vues, un niveau supérieur au RPM publicitaire moyen. Cette différence tient au travail de création, à l’intégration de la marque, à l’exclusivité éventuelle et à la capacité du créateur à mobiliser sa communauté. Des contrats ponctuels sont ainsi estimés entre 50 000 et 200 000 euros.

Twitch : un revenu communautaire renforcé par les temps forts

Sur Twitch, Squeezie compterait 5,5 millions de followers et environ 4 738 abonnés payants en rythme de croisière. Ses revenus mensuels seraient estimés entre 7 000 et 11 000 euros, notamment grâce aux abonnements et aux dons. Les grands rendez-vous peuvent modifier cette moyenne : lors du GP Explorer 2022, un pic de 33 983 abonnements en une journée aurait généré 67 000 euros.

Le GP Explorer montre comment une audience numérique peut alimenter une activité événementielle. Pour l’édition 2023, 60 000 billets ont été vendus en moins de 30 minutes et les recettes auraient atteint 3,2 millions d’euros. Billetterie, sponsoring, diffusion et merchandising peuvent se combiner, mais ces recettes ne correspondent pas au bénéfice. La production, la technique, la sécurité, le lieu et les équipes absorbent une part importante des montants.

Bump et les autres projets : Squeezie agit aussi comme entrepreneur

La société Bump, fondée en 2020, illustre cette structuration. Elle accompagne environ 100 créateurs et produirait près de 5 000 vidéos par mois. Son chiffre d’affaires aurait atteint 14 millions d’euros en 2021, puis plus de 30 millions d’euros en 2023. Ces sommes décrivent l’activité de l’entreprise, pas le salaire de Lucas Hauchard.

Une société peut facturer des campagnes et financer des productions avant de dégager un bénéfice. Elle doit aussi rémunérer ses équipes, payer ses fournisseurs et financer de nouveaux projets. Bump aurait distribué 500 000 euros de dividendes en 2021, sans que ce chiffre permette d’identifier la somme éventuellement perçue individuellement par Squeezie.

Son modèle comprend aussi la musique, l’édition, le merchandising et d’autres projets. Son album sorti en 2020 a réalisé 20 000 ventes dès la première semaine. La bande dessinée Bleak a atteint 84 000 exemplaires vendus, pour 1,2 million d’euros de chiffre brut associé. Ces activités limitent la dépendance à une seule plateforme, mais elles ont leurs propres coûts et risques commerciaux.

Fortune de Squeezie : pourquoi les estimations restent fragiles

La fortune de Squeezie est estimée entre 18 et 25 millions d’euros par une source, tandis qu’une autre avance environ 30 millions d’euros. Cet écart s’explique par les méthodes de valorisation retenues et par la date de l’évaluation. Le patrimoine dépend notamment de la valeur des sociétés, des participations, de l’immobilier et des liquidités disponibles.

  • L’immobilier parisien est estimé entre 2 et 3 millions d’euros.
  • Les liquidités et placements sont évalués entre 15 et 20 millions d’euros.
  • Les participations sont estimées entre 5 et 8 millions d’euros.
  • Les actifs divers sont évalués entre 3 et 5 millions d’euros.

Il faut donc distinguer plusieurs notions : le chiffre d’affaires n’est pas le bénéfice, le bénéfice n’est pas le salaire, le salaire n’est pas le revenu net et le revenu annuel n’est pas la fortune. Les plateformes d’estimation automatisées peuvent donner un ordre de grandeur pour la publicité YouTube, mais elles ne connaissent pas avec certitude les contrats privés, les dépenses, les sociétés ou les investissements.

En résumé, Squeezie gagnerait vraisemblablement plusieurs millions d’euros bruts par an grâce à un modèle diversifié. YouTube reste une base importante, mais les partenariats, les événements et les entreprises expliquent pourquoi son activité dépasse largement celle d’un créateur rémunéré uniquement à la vue.

Éloïse Delaunay-Clerval
Retour en haut